Paris, fin 2008. C’est dans une soirée électrorock anglaise exportée à Paris, la NME, qu’on a découvert Radioclit. Le duo de DJproducteurs franco -suédois accompagné du MC sud-africain Molaudi y faisait alors danser tous les slims-chemises parigots sur du coupé-décalé ivoirien ! Le thermomètre explose, infiltration réussie…
Depuis cinq ans, Radioclit, basé à Londres, remet la world musique au coeur des clubs et des réalisations électro pointues. C’est pourtant le hip-hop qui réunit Etienne Tron et Johan Karlberg, une passion commune qui les fait bosser au départ avec de jeunes rappeurs anglais. Très vite, Radioclit enchaîne les soirées, mais aussi les productions et remixes pour les chanteuses et les groupes : MIA, Santogold, Bonde Do Role ou encore Vampire Weekend. Des artistes aux compositions déjà ouvertes sur le monde (baile funk, indian vibes) mais dont les morceaux, une fois ressortis du poste Radioclit, se pimentent de percus africaines, de pow-wows, de musiques gitanes ou dernièrement de dabke, ( musique de mariages au Liban, en Syrie et Palestine ), dont l’éventail des gammes les fascine. Toujours connecté, Radioclit trouve dans les musiques du monde, l’énergie fédératrice qui manque en club. Etienne explique : « On aime beaucoup la house et l’électro, mais on a l’impression que ça ne se renouvelle pas trop ! Du coup, tous ces sons du monde apportent un souffle neuf. Pour nous, la meilleure musique de club aujourd’hui vient d’Afrique. » Depuis un an, ils ont investi le Notting Hill Arts Club de Londres avec leurs soirées « Secousse » qui invitent la crème world de Londres. Des soirées qui « montent tout doucement mais peuvent décoller très haut si les gens sont chauds ! », selon Etienne. « Nos mixes mélangent de manière totalement anarchique les sons : on peut passer de l’Islande à l’Afrique, avec des détours par la Turquie en moins d’un quart d’heure!» Si la scène club de Pretoria en Afrique du Sud (Dj Cleo, Mujava) les excitent, ils rêvent d’inviter Magic System dont ils sont fans pour les un an de « Secousse » .
La soirée devrait arriver à Paris en juin prochain, date à laquelle sortira sur leur label, Ghetto Pop, le premier album de leur protégé : Esau Mwamwaya, artiste du Malawi qu’ils surnomment « le Phil Collins africain ». En guise d’amuse-bouche, vous pourrez écouter leur album de remixes des tubes de MIA, Architecture in Helsinki… revisités sauce malawi par Esau. Ensemble, ils s’appellent «The Very Best…» C’est tout ce qu’on leur souhaite !